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Indice Edenred Mobilité : prix du kWh de la recharge publique, étude mai 2025 – avril 2026
Article Téo Le Rest
Mis à jour le
Edenred Mobilité, filiale du groupe Edenred dédiée à la mobilité professionnelle en France, forte de 70 000 entreprises accompagnées sur la recharge électrique depuis 6 ans, a analysé les données de recharge réelles de ses clients sur les points de charge publics en France entre mai 2025 et avril 2026. L’objectif : mesurer ce que paient concrètement les gestionnaires de flotte pour chaque kWh rechargé, au-delà du seul prix affiché sur la borne.
Le prix d’une recharge publique ne se résume pas au tarif au kWh annoncé par l’opérateur de la borne (CPO). Il intègre aussi des frais annexes : frais de session ou d’activation, frais de parking ou de blocage facturés quand le véhicule reste branché au-delà d’une durée donnée. Ces frais varient fortement selon l’opérateur, le type de borne et la durée de la recharge, ce qui rend le coût réel difficile à anticiper pour une flotte.
Cette étude distingue deux familles de bornes publiques :
Les montants ci-dessous sont calculés à partir des transactions réelles de recharge publique des clients Edenred Mobilité sur la période mai 2025-avril 2026, et non à partir d’un relevé de prix affichés.
par kWh rechargé en charge lente, énergie et frais annexes compris.
par kWh rechargé en charge rapide, énergie et frais annexes compris.
part maximale du prix de la recharge liée aux frais annexes, hors énergie.
écart entre le point bas et le point haut du prix spot de l’électricité, sans effet sur le prix de vente en borne rapide.
Le graphique ci-contre détaille, pour chaque type de borne, la part de ce prix moyen qui revient à l’énergie et celle qui revient aux frais annexes.
Il révèle un paradoxe : bien que la charge rapide soit techniquement plus coûteuse à produire, c’est la charge lente qui revient plus cher au kWh pour l’utilisateur, uniquement à cause du poids des frais annexes. Les deux sections suivantes détaillent ce mécanisme pour chaque type de borne.
Frais annexes DC (0,04 €) trop fin pour son propre libellé. Source : données clients Edenred Mobilité, mai 2025-avril 2026.
Sur la période étudiée, le coût moyen d’une recharge AC se décompose en 0,36 € de prix de l’énergie et 0,40 € de frais annexes par kWh rechargé, soit un total de 0,76 €/kWh. Autrement dit, sur une borne lente, les frais de parking, de blocage ou de session peuvent peser plus lourd que l’électricité elle-même : une durée de charge longue expose davantage le véhicule aux frais de blocage, et le coût d’activation de la session se répartit sur un volume d’énergie plus faible par recharge.
Sur la charge lente, la hausse du prix de l’énergie (+16 % sur la période) a été plus que compensée par la baisse des frais annexes (-26 %), pour un coût total en légère baisse. Mais cette compensation n’a rien de garanti : elle dépend des arbitrages tarifaires de chaque opérateur de borne, pas d’une règle stable. Pour une flotte qui subit ces prix sans les maîtriser, cela signifie un poste de dépense qui peut évoluer dans un sens comme dans l’autre, mois après mois, sans visibilité.
Source : données clients Edenred Mobilité, bornes AC, mai 2025 et avril 2026.
La recharge rapide affiche un coût moyen plus bas que la recharge lente : 0,55 € de prix de l’énergie et 0,04 € de frais annexes par kWh, soit 0,59 €/kWh au total. Les frais annexes y sont marginaux, la durée de charge étant trop courte pour générer des frais de blocage significatifs.
Point notable : le prix spot de l’électricité sur le marché français, lui, a varié jusqu’à huit fois entre son point le plus bas et son point le plus haut sur la période étudiée. Le « prix spot » est le prix de gros de l’électricité sur le marché de court terme (échéance du lendemain, révisé heure par heure selon l’offre et la demande) : c’est le prix auquel un fournisseur achète l’énergie, pas le tarif payé par l’automobiliste à la borne. Le prix de vente facturé aux clients sur les bornes rapides, en revanche, est resté stable, entre 0,54 € et 0,60 €/kWh selon le mois.
Cette stabilité n’est pas le signe d’un coût de l’énergie figé : c’est une décision commerciale des opérateurs de bornes, qui fixent un tarif de vente indépendant des variations du marché de gros. Pour une flotte, cela signifie que le prix affiché sur une borne rapide ne reflète pas le coût réel de l’électricité à l’instant de la recharge, ce qui rend toute tentative de « bien choisir son moment pour recharger » largement illusoire sur ce segment.
Prenons une flotte de 30 véhicules électriques qui se rechargent sur le réseau public, chacun en moyenne deux fois par mois pour 40 kWh, avec une répartition courante de 60 % en charge lente et 40 % en charge rapide. Cela représente 2 400 kWh rechargés chaque mois, dont 1 440 kWh en AC et 960 kWh en DC.
Au prix moyen observé sur le marché public, énergie et frais annexes cumulés (0,76 €/kWh en AC, 0,59 €/kWh en DC), cette flotte dépense environ 1 661 € par mois, soit près de 19 900 € sur l’année. Au tarif de base de la carte de recharge Edenred Mobilité (0,29 €/kWh en AC, 0,49 €/kWh en DC), le même usage revient à environ 888 € par mois, soit un peu plus de 10 650 € sur l’année : près de 9 300 € d’écart, pour un usage de recharge publique strictement identique.
À noter : la carte de recharge Edenred Mobilité comporte elle aussi un frais annexe possible, sous la seule forme d’un frais de blocage (0,08 €/minute, à partir de 3 heures en AC et de 30 minutes en DC). Sa nature diffère de celle des frais de session facturés sur le marché public quel que soit le comportement du conducteur : ce frais de blocage est fixe, connu à l’avance et évitable, il suffit de débrancher le véhicule dans les délais pour ne jamais le payer.
Deux logiques distinctes expliquent ces résultats. Sur la charge lente, le modèle économique des opérateurs repose en partie sur les frais annexes : frais d’activation facturés quel que soit le volume d’énergie livré, et frais de blocage qui augmentent avec le temps passé branché, un temps structurellement plus long sur une borne AC. Plus la recharge est lente, plus ces frais pèsent, proportionnellement, dans le prix final au kWh.
Sur la charge rapide, le prix de vente ne suit pas le prix d’achat de l’énergie sur le marché de gros : les opérateurs absorbent (ou répercutent, selon les périodes) les variations du spot dans leur marge, pour proposer un tarif stable à l’utilisateur final. Cette stabilité profite à la prévisibilité du prix affiché, mais elle ne garantit en rien que ce prix soit le plus avantageux : il reste fixé unilatéralement par chaque opérateur, sans lien direct avec le coût réel de l’énergie à un instant donné.
Dans les deux cas, le point commun est le même : le prix payé par une flotte qui recharge directement sur une borne, ou via une carte de recharge tierce qui applique le tarif de la borne auquel s’ajoutent ses propres frais d’activation, dépend d’abord de la politique tarifaire de l’opérateur visité, bien plus que du coût réel de l’électricité consommée.
Avec la carte de recharge Edenred Mobilité, le prix au kWh est unique sur l’ensemble du réseau de recharge public en France, quel que soit l’opérateur de la borne visitée : 0,29 € HT/kWh en recharge standard (AC) et 0,49 € HT/kWh en recharge rapide (DC). Les frais annexes sont connus à l’avance et plafonnés : 0,08 €/minute de frais de blocage, déclenchés à partir de 3 heures en recharge standard et à partir de 30 minutes en recharge rapide, avec un plafond de 100 € HT maximum par session de recharge pour les frais de stationnement, sans frais d’activation caché ni frais de session variable d’un opérateur à l’autre.
En recharge rapide, des tarifs préférentiels s’appliquent en plus chez certains partenaires du réseau, Atlante, Allego et Powerdot : 0,39 € HT/kWh, soit -20 % par rapport au tarif rapide standard.
C’est la différence structurante avec un paiement direct en borne ou une carte de recharge tierce de type itinérance, qui répercute le tarif propre à chaque borne auquel s’ajoutent ses propres frais d’activation et frais annexes : avec un tarif unique, connu d’avance et plafonné, un gestionnaire de flotte peut budgétiser sa dépense de recharge publique au kWh près, sans dépendre des arbitrages tarifaires changeants de chaque opérateur visité.
Sur la période mai 2025-avril 2026, le coût réel d’une recharge publique s’est révélé à la fois plus élevé qu’attendu sur la charge lente, à cause du poids des frais annexes, et peu lisible sur la charge rapide, où le prix de vente ne reflète pas la volatilité du marché de gros. Dans les deux cas, ce que paie une flotte dépend moins de l’énergie consommée que de la politique tarifaire de l’opérateur de la borne visitée.
Pour une flotte qui cherche à piloter son budget recharge et à produire des prévisions fiables, un tarif fixe, unique et plafonné retire cette variable d’incertitude, quel que soit l’opérateur ou la borne utilisée sur le réseau public.
Méthodologie : données issues des transactions réelles de recharge publique des clients Edenred Mobilité en France, mai 2025-avril 2026, incluant le prix de l’énergie facturé par les opérateurs de bornes (CPO) et les frais annexes associés (session, blocage, parking). Prix exprimés hors taxes (HT), par kWh rechargé. Prix spot : EPEX Spot, marché français de l’électricité.
